Août 232012
 

Trois-Pistoles, journal Ensemble«Qu’est-cé qui s’est passé pour que ça vire de même?», répétera Mathieu Barrette, narrateur de sa pièce La Maison hantée. Évoque-t-il la suite d’événements qui a amené sa fresque légendaire à terminer seule la saison théâtrale de Trois-Pistoles? La tempête qui s’est levée sur l’Échofête et le naufrage de La Guerre des clochers ont fait de son auteur Victor-Lévy Beaulieu le pilote d’une épave. Resté à flot, la face au vent, Mathieu Barrette fixe le large avec une «tristesse sans nom» qui alourdit chacun de ses mots pourtant déjà torturés par l’histoire tragique de la Pointe-à-la-Loupe.

Aux côtés de Mathieu Barrette, Aurélie Brochu Deschênes assume un rôle de soutien plus grand que nature. Elle incarne la tenancière Florence qui gère les femmes de marins livrées aux abus des Anglais et des hommes qui fréquentent la maison, comme hantée de son vivant, pour survivre. Photo: Nicolas Falcimaigne

Aux côtés de Mathieu Barrette, Aurélie Brochu Deschênes assume un rôle de soutien plus grand que nature. Elle incarne la tenancière Florence qui gère les femmes de marins livrées aux abus des Anglais et des hommes qui fréquentent la maison, comme hantée de son vivant, pour survivre.
Photo: Nicolas Falcimaigne

À travers les tableaux enchevêtrés d’une trame narrative décousue, déroutant morcellement qui fracasse le cadre du conte, Mathieu Barrette expose l’extrême et funeste aboutissement d’un système colonial violent et corrompu. Il fait écho au Québec de nos jours, qui craque sous les neuf années d’un règne libéral criblé de scandales.

«Calice de beau pays, le Bas-du-Fleuve.» Mathieu Barrette accueille le public dans sa région natale. Au beau milieu du fleuve, trahi par Florent Basile, Antoine célèbre la beauté d’un coucher de soleil jusqu’à la noyade glacée qui l’attend, déterminé à mourir digne et heureux. Soliloque funèbre, moment d’éternité capturé par la répétition litanique qui étire la sereine angoisse du condamné. «Mort en paix, mais mort pareil Lire la suite »

Avr 082012
 

Montréal, journal EnsembleIls étaient plus de 70 citoyens, chercheurs, artistes, étudiants, philosophes et autres manifestants indignés. Ils étaient intarissables, ils parlaient du Québec, de la démocratie, du bien commun, de ce printemps québécois qui s’éveille au bruit de centaines de milliers de pas qui envahissent pacifiquement les rues pour exiger la justice sociale. Ils étaient Nous.

Plus de 70 citoyens, dont ici le musicien Martin Léon, ont pris la parole au Monument-National, le 7 avril 2012, à l'occasion de l'événement Nous? Photo: Nicolas Falcimaigne

«Nous?», cet événement de prise de parole, s’est tenu le 7 avril dernier au Monument-National, de midi à minuit. Pendant douze heures s’est exprimée l’essence de l’identité québécoise, de sa crise et de ses espoirs.

«Comment rendre visible, opérante la liberté qui nous caractérise et qui nous échappe en même temps? La révéler?» En réponse à cette question, aussi alambiquée que celle du référendum de 1995, la diversité des points de vue exprimés s’est avérée impressionnante.

La part belle a été faite au mouvement étudiant et au «Printemps érable», en vue de la grande manifestation du 22 avril. Dominic Champagne, metteur en scène et organisateur de cette dernière, ainsi que Gabriel Nadeau-Dubois, leader étudiant présent à titre personnel, ont tous deux livré d’inspirants discours. Lire la suite »

Mar 072011
 

Le Paradis déménage. Qui l’eût cru? Même Dieu ne le savait pas.

Un projet de 15 millions $ permettra à la coopérative culturelle Paradis, de Rimouski, d’offrir aux six organismes qui en sont membres des locaux tout neufs, et même d’accueillir quatre nouveaux organismes.

Les débats ont donné lieu à des échanges entre les élus de plusieurs partis politiques. - Photo: N.Falcimaigne

Le nouveau bâtiment sera construit au pied des futures et proverbiales Deux Tours, qui remplaceront la Grande Place, ce défunt centre d’achat actuellement en démolition après des décennies de bons et loyaux services dans le paysage du littoral rimouskois.

Selon Claude Fortin, président de la coopérative et directeur général de Paralœil, l’objectif est d’offrir des espaces locatifs adéquats et à coût abordable aux organismes membres, tout en développant un lieu public qui permettra de générer de l’achalandage en plein centre-ville. Lire la suite »

Jan 132011
 

Pasaia, journal Le Mouton NoirTelle est la devise d’Ibaialde, l’association des rameurs d’Angelu (Anglet): « Sport, culture, café et cognac ». Pour les Basques, la culture et le sport vont de paire. Cette association le prouve en organisant, à la force de son bénévolat, de grands soupers culturels en marge des expéditions sportives dans le golfe de Biscaye. C’est lors d’un de ces soupers qu’ils ont accueilli la délégation du Parc de l’aventure basque en Amérique (PABA), pendant sa mission socioéconomique en mars dernier.

Xabier Agote accueille la délégation du PABA au chantier Ontziola, à Pasaia, où des répliques d'aciennes embarcations basques sont construites. - Photo: N. Falcimaigne

Xabier Agote accueille la délégation du PABA au chantier Ontziola, à Pasaia, où des répliques d’aciennes embarcations basques sont construites. – Photo: N. Falcimaigne

La mission avait en effet pour objectif non seulement de développer les liens culturels, mais également de susciter des projets sportifs avec le Pays basque.

Ibaialde: « côté fleuve »

Les rameurs d’Ibaialde avaient déjà créé l’événement en remontant le fleuve Saint-Laurent à bord d’une trainière il y a quelques années. L’expédition Indianoak était partie de Sept-Îles et avait atteint Trois-Pistoles quelques semaines plus tard, non sans avoir joyeusement animé les communautés côtières tout au long du parcours. Michel Lastiri, qui avait pris part à l’expédition, s’en souvient encore avec émotion. Il insiste sur l’intérêt de réaliser des échanges sportifs, culturels et culinaires, pour toutes les tranches de la population. Lire la suite »

Déc 302010
 

Uztaritze, journal Le Mouton NoirUztaritze, Iparralde. Le directeur de l’Institut culturel Basque, Pantxoa Etchegoin, reçoit la délégation du Parc de l’aventure basque en Amérique (PABA), dans le cadre de cette mission socioéconomique visant à raffermir les liens entre le Pays Basque et Trois-Pistoles, en mars dernier. À travers un parcours de quelques jours très chargés, la délégation rencontrera plusieurs partenaires basques, qui sont unanimes quant à leur intention de réaliser des projets avec le Québec. Le défi est toutefois de rétablir des liens que le passé a soumis à rude épreuve.

En marge des rencontres, la délégation a pu visiter plusieurs musées basques. Ici, au Musée basque de Bayonne, Simon Vigneault observe un chaland monoxyle, barque faite d’une seule pièce de bois, ancêtre des biscayennes utilisées pour la chasse à la baleine. – Photo: N.Falcimaigne

En marge des rencontres, la délégation a pu visiter plusieurs musées basques. Ici, au Musée basque de Bayonne, Simon Vigneault observe un chaland monoxyle, barque faite d’une seule pièce de bois, ancêtre des biscayennes utilisées pour la chasse à la baleine. – Photo: N.Falcimaigne

En découvrant le projet de renouvellement de l’exposition permanente du PABA, M. Etchegoin insiste sur l’importance d’aborder la culture basque dans l’exposition. Il propose notamment d’envoyer au PABA Batekmila – Les mondes basques, une exposition virtuelle temporaire sur la culture basque et la diaspora. L’Institut culturel basque se montre en outre intéressé à fournir, en plus des contenus, un appui moral pour favoriser des ententes financières. L’organisme ne possède en effet aucun programme d’aide financière et ses initiatives reposent chaque fois sur des partenariats intersectoriels, avec des instances municipales. Lire la suite »

Juin 242010
 

Moment historique pour le Cégep de Rivière-du-Loup. Les premiers finissants du programme de courts métrages documentaires présentent le fruit de leurs efforts au public. La présentatrice Pricile De Lacroix, étudiante du programme, avertit d’emblée l’auditoire : réaliser un documentaire, c’est un travail extrêmement complexe. Les onze pionniers et pionnières ont relevé le défi de créer ce qui est pour la plupart leur premier film, dans un temps record.

Cette soirée riche en émotions et en diversité a ravi l’auditoire, qui s’est illustré par une patience hors-norme. En effet, il est objectivement ardu de s’imprégner de onze films différents, et de conserver une bonne attention pendant leur longue succession, même si la qualité était au rendez-vous. La salle comble de la Maison de la culture est restée comble jusqu’à la fin, même après l’entracte bien mérité. Lire la suite »

Mai 242010
 
Louis Gagnon

Louis Gagnon, l'un des quatre initiateurs du Cabaret Kerouac, a présenté deux lectures qui ont ravi l'auditoire. Photo: N.Falcimaigne

Il fallait arriver tôt pour trouver une place assise au café L’Innocent, le 17 avril dernier. Troisième du nom, le Cabaret Kerouac avait monopolisé le lieu de convergence de la relève culturelle louperivoise. Les spectateurs, en grand nombre comme chaque fois, étaient venus découvrir un bouquet de créations artistiques complètement déjantées. Ils ne furent pas déçus. Les 18 numéros allant de la lecture au théâtre, en passant par la musique et même la danse, ont repoussé avec brio et originalité les limites de l’acceptable.

Pour les quatre organisateurs, Louis Gagnon, Mélanie Langlais, Evelyne Lavoie et Olivier Martin, il s’agissait avant tout de donner une scène à des artistes et à des œuvres qui autrement, ne pourraient être présentés en public. L’industrie culturelle conduit habituellement les productions à former un tout homogène et destiné à un public précis. Il faut donc monter un spectacle complet ou s’y adapter. C’était manifestement loin d’être possible pour les petits bijoux présentés au Cabaret Kerouac, chacun issu de l’inspiration ponctuelle d’artistes amateurs. Lire la suite »

Mai 062010
 

Milafranga, journal Le Mouton NoirMilafranga. En l’église de ce petit village de la province de Lapurdi, au Pays Basque, s’est produit le 27 mars dernier un événement inusité. Non que les spectacles soient rares dans les églises, mais le public a cette fois pu assister à création de Sakratua, un spectacle de danse sacrée. Cette première présentation, par la compagnie Leinua, s’est tenue dans une nef généreusement bondée, signe que les traditions sont encore bien ancrées et actuelles chez ce peuple dont l’origine précède l’apparition du christianisme.

Les danseurs de Leinua ont porté le spectacle à un niveau élevé d'intensité lors de la scène de la crucifixion. - Photo: N.Falcimaigne

Les danseurs de Leinua ont porté le spectacle à un niveau élevé d'intensité lors de la scène de la crucifixion. - Photo: N.Falcimaigne

Comme si danser dans l’église n’était pas encore assez audacieux, le spectacle s’ouvre sur une scène funéraire. D’emblée, l’utilisation de l’encensoir ajoute un élément olfactif permettant de plonger totalement dans l’univers du culte chrétien. Très vite, on découvre une musique basque traditionnelle vivante, très riche et bien interprétée, signée Patrick Larralde, qui entraîne une vingtaine de danseurs et de danseuses. Les figures sont caractéristiques de la danse basque traditionnelle, qui se démarque par des jeux de jambes et des sauts impressionnants, ainsi que par cette délicate retenue qui ajoute à l’intensité du geste. L’utilisation sobre de quelques accessoires scéniques, certains traditionnels et d’autres complètement nouveaux, comme les miroirs, ajoute une symbolique très forte, à l’image de celle qui accompagne les rites chrétiens. Lire la suite »

Avr 062010
 
Démonstration de txalaparta par Fabien Belchit et Paxkal Barneix, lors d'une soirée privée à Baigorri. Photo: N. Falcimaigne

Démonstration de txalaparta par Fabien Belchit et Paxkal Barneix, lors d'une soirée privée à Baigorri. Photo: N. Falcimaigne

Arratsalde on !

Salutation en euskara, la langue des Basques. Ce peuple, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, habite le golfe de Gascogne. Euskal Herria, le Pays basque, cet espace identitaire distinct qui se déploie de part et d’autre des Pyrénées occidentales, impressionne par la richesse et la diversité de sa culture ancestrale. Au 16e siècle, des marins basques ont fréquenté les eaux laurentiennes qui baignent Trois-Pistoles, pour chasser la baleine et faire la traite des fourrures avec les Amérindiens. 425 ans plus tard, le Parc de l’Aventure basque en Amérique, centre d’interprétation qui raconte cette histoire à Trois-Pistoles, a mené une mission socioéconomique au Pays basque. L’occasion était belle d’accompagner cette mission pour faire quelques pas sur leurs traces… Lire la suite »

Avr 062010
 

TERC‘est avec une innovation audacieuse que l’équipe de Paralœil, sous l’étiquette des Productions Par’Ici, a fait ses premiers pas dans la production de documentaires. La coopérative de Rimouski est connue pour son soutien à la production cinématographique de la relève, mais surtout pour son mandat de diffuseur qui a permis aux publics d’ici de découvrir les oeuvres d’ici dans faire le détour par les grands centres. Cette fois, l’équipe de Claude Fortin a décidé de sélectionner deux réalisatrices et deux réalisateurs de la région bas-laurentienne et de leur commander un court métrage sur le thème du territoire. L’étonnant résultat, TER, a été présenté en avant-première au cinéma Paradis, de Rimouski, le 10 mars dernier. Lire la suite »