Mar 062010
 

Rivière-du-Loup, journal culturel Le Q-Dpoule«Tu peux pas avoir d’histoire sans terre.»

Photo: Inês Lopes

C’est le message lancé par le peuple millénaire qui a vu naître, dévaster et maintenant mourir à petit feu Schefferville, boomtown du « Nouveau-Québec ». Ce n’est pas qu’un paysage stérile et rouillé que nous dévoile Une tente sur Mars, le documentaire de Martin Bureau et Luc Renaud présenté le 16 février dernier par les Projections Cinédit. Ce n’est pas une énième complainte à la situation socioéconomique des autochtones, ni même une critique de l’exploitation minière sauvage que l’on fait subir au Québec depuis plus d’un siècle. C’est plutôt une remise en question des représentations identitaires les plus profondément ancrées chez le spectateur québécois. Expérience bouleversante pour une salle comble à la Maison de la culture de Rivière-du-Loup. Lire la suite »

Fév 072010
 

Illustration parfaite de l’adage selon lequel « small is beautiful », la périodique soirée de projection de la cellule de création de courts métrages Kino RDL se tenait le 12 janvier dernier. La communauté kinoïte et le grand public étaient conviés à ce rendez-vous trimestriel, pour déguster les savoureux plus courts métrages possibles concoctés par les membres actifs de la cellule. Une cinquantaine de personnes ont animé d’une joyeuse ambiance la salle de projection installée au restaurant Amsterdam de Rivière-du-Loup.

Le texte a d'abord été publié dans le journal culturel Q-Dpoule

Le texte a d'abord été publié dans le journal culturel Q-Dpoule

Pour les organisateurs de cette joute cinématographique, Émile-Olivier Desgens et François Gamache, il s’agit chaque fois d’un saut dans l’inconnu. Les vidéastes se présentent sur les lieux avec leurs productions fraîchement gravées, qui doivent seulement respecter trois règles: la durée maximale de dix minutes, un contenu pertinent et décent, et la mention Kino RDL. Heureusement, les maîtres de la soirée ont le pouvoir de sanctionner les participants en leur décernant un blâme, « ou plutôt un défi », préfèrent-ils. L’artiste doit alors revenir la prochaine fois avec un nouveau kino intégrant une contrainte proposée par l’assemblée. C’est toutefois sans visionnement préalable qu’ils soumettent au public les œuvres de leurs pairs, entrecoupées de sélections tirées des autres cellules du Québec.

Il serait malaisé de comparer ces petits bijoux triés sur le volet aux productions spontanées de l’équipe locale, formée d’amateurs comme de professionnels d’expérience, et qui n’ont pas fait l’objet d’une telle sélection. L’heureux mélange permet d’allier une chaleureuse convivialité, en présence des artisans des nouvelles créations, à la découverte des chefs d’œuvre de ce petit du septième art.

L’ensemble impressionne par sa diversité de genre. Entre l’animation, le faux documentaire, la fiction, la comédie et le drame, les créateurs locaux des neuf courts-métrages s’en sont donnés à cœur joie. Si certaines productions se sont tenues dans un registre résolument relié aux fonctions d’élimination du corps humain, d’autres se sont élevées au niveau de l’absurde et même du propos social ou politique.

Jonathan Desmeules a ouvert la séance par un travail d’animation, de son propre aveu « très peu scénarisé » et qui en effet ne brillait pas par son message, mais dont l’image et l’humour simple ont su briser la glace et dérider l’auditoire. Son défaut d’indiquer Kino RDL au générique lui a valu un défi dont la contrainte sera de rafraîchir une vieille blague connue. Il devra donc présenter ce nouveau court-métrage lors de la prochaine soirée.

Marcel Deschamps et Pierre Ouellet ont ensuite servi une leçon de bonnes manières à l’assemblée, faisant écho à la catégorie d’impro « Les bonnes manières VS le franc parler ». La participation de Karine Raymond et de sa fidèle Zaïa a ajouté une couleur touchante à cette série de sketchs moralisateurs, sur une musique de Léonard Cohen. Marcel Deschamps a accepté de se commettre pour la prochaine fois. Il présentera donc une nouvelle création dans trois mois.

Joële Yoja Grimbert a ensuite présenté  un court métrage d’action dont les scènes de violence auraient certainement justifié une cote de 13 ans et plus. Malgré une qualité  sonore perfectible, la gestion efficace et caricaturale de l’effet dramatique a donné une ampleur insoupçonnée au jeu de Pascal Gagnon et Olivier Blot, préparant l’auditoire à une chute imprévisible brillamment interprétée par Louis-David Thériault. C’est sans surprise que Joële Yoja Grimbert se commet pour la prochaine fois.

Passons sur le plus court métrage présenté par Antoine Chagnon Michaud suite au désormais célèbre défi de la bouteille de Bovril, qui relève davantage de l’humour privé  que de l’œuvre proprement dite, et soulignons la persévérance de Daniel Breton, qui a livré ses deux derniers volets de la trilogie du Livreur. Celle-ci se démarque plus par sa forme que par son propos, notamment par la présence d’une introduction au montage particulièrement soigné. Malheureusement, cette qualité disparaît lorsqu’on remarque un surprenant décalage de post-synchronisation que le réalisateur a honnêtement avoué n’être pas volontaire. Daniel Breton se commet, sans préciser si sa trilogie deviendra une série à rebondissements.

Charles Fortier a choisi de nous rappeler l’automne électoral et les sondages particulièrement tenaces de Poly-Québec, par une production dont l’effet humoristique redondant reste toutefois efficace jusqu’à la fin, marquée par une chute prévisible. Il se commet pour la prochaine édition. Pour clôturer la projection, Maryse Gaudreault et Julien Leblanc ont fracassé les limites du genre en présentant Les Verres de contact, un étonnant lipsync de paupières, donc plutôt « lidsync », sur une musique variée. Outre la prouesse de coordination, il faut souligner l’audace de l’idée.

Michel Thisdel parle de son expérience de spectateur et Pricile De Lacroix revient sur sa première contribution:

C’est aussi lors de cette soirée que Pricile De Lacroix a fait ses premiers pas dans l’univers du Kino, en présentant un court faux documentaire humoristique sur le Château de Noël de Rivière-du-Loup. Elle y interroge avec un sérieux déconcertant les spécialistes Rock Belzile et Carole Tardif, ainsi que la fameuse princesse. Le Château, une curiosité locale, est comparé à celui de Walt Disney et il est proposé que Rivière-du-Loup mise tout sur cet incontournable produit d’appel. Cette couverture fictive est faite d’images saisissantes et bénéficie d’une facture soignée, ce qui a valu à Pricile De Lacroix une demande générale pour récidiver. Elle ne s’est pas fait prier pour se commettre avec enthousiasme.

On peut découvrir les courts-métrages et des liens vers les autres cellules du Québec sur http://rdlkino.wordpress.com. La prochaine édition de ce festival du très court métrage, qui sera présentée au printemps, promet donc d’être aussi riche que la mouture hivernale, d’autant plus que Mylène Marquis, Karine Raymond, Marc-Olivier « Molo » Dugas et François Gamache se sont spontanément commis, en plus des nombreux défis encore en suspend, qui réservent bien des surprises.

Fév 012010
 

Le Parc de l’aventure basque en Amérique (PABA) envoie une délégation à la frontière franco-espagnole, du 21 mars au 3 avril 2010. Le directeur général Simon Vigneault sera accompagné par la stagiaire en animation et recherche culturelles, Jessyca Cloutier, afin d’établir des partenariats avec les intervenants politiques et culturels basques.

Le texte a d'abord été publié sur Le Reportage

Le texte a d'abord été publié sur Le Reportage

Cette mission devrait permettre de consolider la relance du fameux centre d’interprétation de Trois-Pistoles, qui offre depuis bientôt quinze ans à ses visiteurs une animation variée sur l’histoire des chasseurs de baleine basques qui ont fréquenté l’Île aux Basques au XVIe siècle.

Ce voyage amènera les représentants pistolois à renforcer les liens avec l’Institut culturel basque (ICB) à Ustaritz en France, à tisser des liens avec les directeurs de musées basques, à développer un partenariat à long terme avec la Fédération internationale de pelote basque (FIPV) à Pampelune en Espagne, à recruter un formateur de pelote basque pour l’été 2010 et à développer un échange culturel entre le gouvernement français et le gouvernement québécois.

Selon Amélie Brière, membre du conseil d’administration dotée d’une solide expérience dans le domaine muséal, « C’est une occasion unique d’aller présenter à tous ces partenaires d’outre-mer nos projets de développement », notamment le renouvellement de l’exposition permanente et la réfection de l’infrastructure, deux projets qui seront présentés au ministère de la Culture en février 2010.

Pour Martin Pettigrew, vice-président, cette initiative illustre bien le changement de direction qui caractérise la nouvelle administration. Il précise que « c’est la première fois depuis plusieurs années qu’un directeur est en poste pendant l’hiver, ce qui permet une meilleure planification de la saison touristique et surtout la gestion efficace de la relance de l’organisme ».

L’organisme prévoit présenter les résultats de cette mission lors de l’assemblée générale annuelle qui aura lieu en avril prochain. Le Reportage restera à l’affût de la suite des événements, qui promet d’être déterminante pour la relance de ce produit d’appel unique au Québec.

Fév 012010
 

Une exposition hors du commun sera présentée au café L’Innocent du 11 mars au 7 avril. Pas moins de 28 étudiantes et étudiants de deuxième année en graphisme au Cégep de Rivière-du-Loup présentent leurs œuvres. Au total, près de soixante illustrations seront offertes aux yeux des visiteurs lors du vernissage, le jeudi 11 mars à 18h, en présence du professeur, l’artiste en arts visuels Michel Lagacé.

Le texte a été publié dans le journal culturel Q-Dpoule

Le texte a été publié dans le journal culturel Q-Dpoule

C’est à la suite d’un atelier exploratoire de quatre à cinq semaines, dans le cadre de leur formation en illustration, que les étudiants et étudiantes ont développé le thème de « L’homme hybride », à partir du concept des « mots images ». Les futurs graphistes ont choisi dans une banque de mots ceux qui devaient servir de base à leur travail. Ils ont ensuite conçu et produit par ordinateur des images en lien avec ces mots, créant ainsi une poésie visuelle et symbolique.

Michel Lagacé a voulu pousser les graphistes de la relève à la fine pointe de leur art : « Les étudiants ont habitu­ellement une approche traditionnelle. J’ai cherché à les amener à développer de nouvelles aptitudes visuelles » confie l’artiste d’expérience. Il cite en exemple une façon de révéler le « temps de l’image » en laissant intention nellement des traces visibles des différentes étapes du travail.

Homme hybride lui-même, Michel Lagacé est un professeur-artiste, peintre connu pour son style alliant les éléments abstraits et figuratifs à un assemblage de signes. Ces signes, récurrents dans l’ensemble de son oeu­vre, représentent une hétérogénéité qui n’est pas sans rappeler le pluralisme de notre société et tous les possibles qu’il représente. Il prépare actuellement une exposition avec Frédéric Henri, qui doit prendre l’affiche à Caravansérail en mars 2011 sous le titre Duo duel – Actualisation de la peinture. Lors d’une résidence préalable l’automne prochain, les deux artistes réaliseront une oeuvre en commun.

L’illustration éditoriale ou d’édition est une image qui illustre un thème en structurant visuellement et symboliquement un message, un texte ou des expressions dans un but fonctionnel ou simplement poétique. Elle se réalise à partir de différentes approches stylistiques ou en mélangeant les genres visuels afin de proposer une image inventive et expressive.

Dans cette exploration des mots images proposés, ces jeunes créateurs avaient à exploiter les diverses variétés du dessin, de l’application de la couleur et les différents procédés visuels d’associations hybrides (juxtapositions, superpositions iconiques et collage) afin de dégager, dans une logique non linéaire, une illustration offrant par son invention et ses qualités visuelles une lecture stimulante et hautement symbolique de ces mots images.

Déc 162009
 

Depuis quinze ans, les Éditions Trois-Pistoles relèvent le défi de publier en région des auteurs renommés et des ouvrages qui marquent l’histoire de la littérature au Québec, alliant grande qualité de forme à une impressionnante diversité de contenu. L’année 2009 marque également les quarante ans d’édition de Victor-Lévy Beaulieu. L’auteur, éditeur, polémiste, politique et indépendantiste souligne ces anniversaires par le lancement d’une série d’oeuvres maîtresses. Le dernier en date, Bibi, est un intense voyage initiatique qui révèle l’auteur sous un jour insoupçonné. Le Mouton NOIR s’est rendu au 31, route Nationale, aux Trois-Pistoles, pour en savoir plus.

Le texte a d'abord été publié à la Une du cahier culturel Champ Libre, dans Le Mouton NOIR

Le texte a d'abord été publié à la Une du cahier culturel Champ Libre, dans Le Mouton NOIR

L’éditeur engagé

Lorsqu’il fonde en 1994 les Éditions Trois-Pistoles, Victor-Lévy Beaulieu est déjà un éditeur d’expérience, qui a commencé sa carrière en 1969 aux Éditions du Jour. Fondateur des Éditions de L’Aurore en 1973 avec Léandre Bergeron, il crée en 1976 VLB Éditeur, une maison qui conservera son nom après sa revente à Jacques Lanctôt dans les années 1980. Il quitte ensuite Montréal pour s’établir en permanence aux Trois-Pistoles, afin de se consacrer exclusivement à sa passion première trop longtemps mise en veilleuse, l’écriture. Quelques années passent et la « passion d’éditer les mots des autres » revient le heurter de plein fouet, en même temps que la nécessité d’éditer son œuvre. Il crée donc en 1994 les Éditions Trois-Pistoles, à travers lesquelles il continue de se concentrer sur le créneau littéraire, les auteurs d’ici et la relève, sans compromis sur la qualité.

En quarante ans, Victor-Lévy Beaulieu aura publié pas moins de 1 200 ouvrages, tous de littérature québécoise. Aux Éditions Trois-Pistoles, 296 titres ont été publiés en quinze ans par près de 150 auteurs différents, issus de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, de la Beauce, de l’Estrie, de Trois-Rivières, de Québec, de Montréal, de l’Outaouais, de la Montérégie, de l’Abitibi et du Saguenay/Lac-Saint-Jean. Dans la boîte aux lettres de la maison aux cinq lucarnes s’empilent 300 à 350 nouveaux manuscrits par année, soit presque un nouveau par jour. Pour effectuer une sélection judicieuse de la précieuse vingtaine de titres en moyenne qui sortent des presses chaque année, Victor-Lévy Beaulieu s’est entouré d’André Morin, qui assure depuis neuf ans le suivi d’auteurs, la révision et l’organisation d’événements, ainsi que de Michel Leblond, qui s’est joint à l’équipe pour la promotion, la mise en marché et le soutien informatique.

Pour l’éditeur et son équipe, éditer en région est un acte militant, qui s’accompagne de contraintes parfois importantes quant à l’accès à certaines ressources humaines et matérielles, ainsi qu’aux médias nationaux. Toutefois, l’aventure en vaut la peine pour les retombées importantes et la visibilité qu’elle apporte à la région. Spécialisée en édition littéraire, la maison privilégie la littérature régionale en publiant des auteurs comme Renaud Longchamps ou Nicole Filion, mais touche également la littérature nationale, avec des écrivains bien établis et de nouveaux talents, tels Anick Fortin, Pierre Labrie ou Martin Thibault. Cette diversité place les Éditions Trois-Pistoles au rang des plus importantes maisons d’édition littéraire au Québec sur le plan littéraire. Ses collections de prestige, dont « Les Œuvres complètes de VLB », « Les Œuvres complètes de Renaud Longchamps », « Écrire » et « Contes, légendes et récits du Québec et d’ailleurs », suscitent l’intérêt des bibliophiles de toute la francophonie.

L’auteur qui ne laisse personne indifférent

Même aux Trois-Pistoles, la ville des histoires pas possibles, où l’on songe sérieusement à  créer un Festival de la chicane, Victor-Lévy Beaulieu détonne par ses coups de gueule et ses prises de bec. Régulièrement candidat aux élections à tous les paliers, le polémiste est connu pour ses opinions tranchées. Il ne rate aucune occasion de participer aux débats touchant le développement local, le sort des régions ou l’identité nationale. Au cours des dernières années, on aura retenu successivement son désaveu du Parti Québécois au profit de l’Action démocratique du Québec, puis du nouveau Parti Indépendantiste, dont il s’est finalement dissocié pour se présenter en tant que candidat indépendant et intépendantiste.

La publication de Bibi s’inscrit dans une série d’ouvrages introspectifs, fruits mûris pendant plus de trois décennies par cet auteur qui figure parmi les plus grands au Québec. James Joyce, La Grande Tribu, Bibi et L’Héritage (récemment revu et réédité), forment une série qui se conclura bientôt avec une dernière brique dont le titre de travail est Le Clan ultime. Bibi, intense quête identitaire qui porte une charge autobiographique évidente, transporte le lecteur aux quatre coins de la planète, jusqu’en Éthiopie.

Victor-Lévy Beaulieu parle de Bibi, son dernier ouvrage

Trois-Pistoles, trois auteurs, trois personnages

Les deux autres hommes de lettres derrière les Éditions Trois-Pistoles ne sont pas en reste. André  Morin, vétéran de la presse régionale, a livré cet automne le deuxième tome de Passion maisons. Après Le Bleu du ciel en 2005, Vu du large en 2006 et les deux tomes de cette série dont un troisième est en préparation, l’ancien journaliste s’attaque actuellement à un projet de roman, qui devrait voir le jour dans trois ans. Michel Leblond, conteur de la relève d’expérience, a pour sa part lancé en octobre La Cordeuse de bois. Cinq ans après Si Trois-Pistoles m’était conté et autres fariboles, ce deuxième recueil présente des histoires originales, issues de l’imaginaire débordant de l’auteur. Tous deux sont fermement ancrés sans le milieu culturel des Trois-Pistoles, dont ils sont originaires. Au fil de leurs implications multiples, dans des entreprises de presse et des organismes culturels, ils sont devenus des personnages à part entière de cette contrée rocambolesque.

Nov 142009
 

Monument de la presse régionale, André Morin est bien connu pour sa carrière au Courrier de Trois-Pistoles. Pendant de nombreuses années, il a informé les gens des Basques chaque semaine. Depuis 2005, c’est un tout autre genre qui l’occupe. Il publie cet automne son quatrième ouvrage, le deuxième tome de Passion maisons, en collaboration avec le photographe Christian Lamontagne.

Le texte devrait d'abord avoir été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

Le texte devrait d'abord avoir été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

En 2005, André Morin a amorcé sa carrière littéraire avec Le Bleu du ciel, en lien avec le téléroman du même nom, par Victor-Lévy Beaulieu. Toutefois, c’est avec Vu du large en 2006 qu’il s’est révélé, dévoilant un style mythologique et pictural, où se côtoient différents niveaux de lecture et où se multiplient les personnifications accompagnant de riches allégories.

Ce style bien à lui, il l’investit dans le premier Passion maisons en 2007, en écho à la célèbre série télévisée présentée sur le canal Historia. À l’instar du magicien Alain Choquette, tête d’affiche de l’émission, André Morin fait apparaître des histoires à partir des gens qui ouvrent les portes de leur monde. Des histoires qui deviennent une fenêtre sur la région et sur l’histoire de la maison, mettant ainsi en perspective le patrimoine bâti. Ce deuxième tome ne fait pas exception.

« Créer des univers, j’adore ça »
, confie l’auteur. Par l’intégration de personnages fabuleux, André Morin nous entraîne dans une semi-réalité. Entre le réel et l’irréel naît une atmosphère de conte dans un récit qui n’en est pas un.

Cet univers est illustré par un travail photographique original, signé Christian Lamontagne. Ce photographe de la jeune génération, André Morin l’a rencontré pour Vu du large et il semble ne plus vouloir s’en séparer. Déjà impressionnant dans le premier tome, son art se fait cette fois plus audacieux, avec des angles plus larges et une utilisation judicieuse d’effets optiques parfois surprenants, créés à l’aide d’un objectif décentré. Ces perspectives inhabituelles, au risque d’être peu accessibles, n’en ravissent pas moins les lecteurs de tous horizons. « Les photos sont à couper le souffle », commente Dorothy Rioux, une lectrice de Trois-Pistoles.

Cette nouvelle carrière littéraire, André Morin l’accompagne d’un rôle clé aux Éditions Trois-Pistoles, où il assume maintenant le suivi des auteurs, la révision et l’organisation d’événements. Ce travail l’amène à accompagner dans leur démarche de création et de diffusion des auteurs variés, avec qui il a la chance de développer une relation de confiance très enrichissante, souligne-t-il.

Questionné sur sont avenir à moyen terme, l’auteur avoue avoir commencé un projet de roman bien à lui, pour lequel il se donne trois ans.

Passion maisons étant au départ une série télévisée, on ne se surprend pas des choix de sujets, dictés par les impératifs d’un autre médium. Les maisons sont pour la plupart des prouesses de restauration, derrière lesquelles se trouvent parfois des investissements impressionnants. Il y a là de quoi faire envie à bien des propriétaires passionnés qui n’ont pas les mêmes moyens. Une troisième édition étant en préparation pour 2010, il serait intéressant d’y retrouver des exemples plus accessibles. D’autre part, à l’heure de la révolution verte, pourquoi ne pas y intégrer des maisons écologiques actuelles conciliant fidélité patrimoniale et efficacité énergétique?

Nov 112009
 

Cet automne, les trois hommes de lettres qui œuvrent aux Éditions Trois-Pistoles se sont commis chacun dans une nouvelle publication. Victor Lévy Beaulieu, Michel Leblond et André Morin ont respectivement livré Bibi, La cordeuse de bois et le second tome de Passion maisons.

Victor-Lévy Beaulieu

Victor-Lévy Beaulieu

C’est une façon de célébrer le quinzième anniversaire de la maison d’édition, qui relève le défi de renouveler en région l’art de Gutenberg, à un niveau de qualité qui fait des envieux dans les plus grandes maisons d’édition. Lire la suite »

Oct 132009
 

« On peut pas toute avoir. »

Même le festivalier le mieux organisé, le plus préparé, le moins dormeur, le plus fêtard, le mieux véhiculé, ne pouvait espérer assister à tous les spectacles et à toutes les ambiances de cette treizième édition du Rendez-vous des Grandes Gueules. Il a fallu choisir.

On nous l’avait annoncé, un grand moment de ce bouquet de paroles était sans conteste le cabaret métallurgique des Hommes à scie, le samedi soir. On nous avait aussi préparé à un délice auditif, attendu le dimanche après-midi avec les Ceuzes-là. Dans les deux cas, le plaisir fut au rendez-vous, avec un certain vent de renouveau. Ambiances déconcertantes, groupes de conteurs, éléments multimédia. Le Rendez-vous s’épivarde et le conte se réinvente.

Michel Faubert parle de sa participation au Rendez-vous des Grandes Gueules:

Les Hommes à scie

Lorsque le traditionnel et patrimonial présentateur, Michel Leblond, quitte les planches, il laisse place à une ambiance inédite dans l’univers du conte québécois. Un homme de fer, implacable mine patibulaire, ouvre le bal d’un grincement lancinant. C’est Marc St-Pierre, métallurgiste et créateur des scies, interprète et accompagnateur technique sur scène. Présence grave et intense, il ne dira pas un mot. Une lumière découpée à la scie ronde fait apparaître les deux autres, ceux qui parleront. Simon Gauthier et Jean-Marc Massie nous transportent à bord de leurs paroles paraboliques, de l’invention du berce-eau à la naissance d’Isidore Beseau, en passant par l’homme au cerveau d’or et les rencontres croustillantes d’une carmélite et d’un curé-orignal.

Le texte a d'abord été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

Le texte a d'abord été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

Par la force de leur verbe, Simon Gauthier et Jean-Marc Massie nous font toucher à la naissance comme personne ne l’a vécue, ils nous servent les éléments, les sentiments et les événements avec une texture plus vraie que nature. Le tout au son des scies. Des scies percutées, des scies à archet, des scies distortionnées sur mesure, mais aussi des chaînes, des tambours, des cloches, de l’harmonica, des vocalises et des verres de cristal, qui fracassent par leur délicatesse cet univers heavy-metal.

Par moments, les projecteurs se retournent vers la salle et, tel un encanteur, Simon Gauthier extirpe des spectateurs complices les mots qui serviront de base à une improvisation de haute voltige présentée en deuxième partie par Jean-Marc Massie. Que feriez-vous de vasectomie, fripouille, érosion, révolution, accouchement et sanguinaire ? Jean-Marc Massie jongle avec ces thèmes et nous livre une création impromptue qui rend ce moment plus unique encore qu’il ne l’était déjà. Du fantastique et du poétique, il passe à la critique sociale et au message politique, avec un humour bien placé qui ravit l’auditoire.

Benoît Rolland, l’homme de l’ombre, technique en coulisse, soutient de ses effets sonores le discours des deux conteurs. La prestation se termine sur une improvisation hendrixienne à la scie électrique, qui laisse les spectateurs sur une impression durable que le conte n’est plus ce qu’il était. En fait, l’a-t-il jamais été ?

On ne peut que s’étonner que cette symphonie sidérurgique n’ait été présentée à la Forge.

Les Hommes à scie en entrevue exclusive:

Les Ceuzes-là

Une longue histoire à tiroirs, ramenée du Caucase et assaisonnée des sept péchés capitaux, personnages inquiétants venus des enfers, a tenu en haleine une salle comble pendant un temps suspendu. Le Diable, dans une vision managériale de l’apocalypse, avait soigneusement planifié sa fin du monde, sans tenir compte de Badanek et de son village. Cette contrée incorruptible aux mœurs surprenantes, où l’on balance les vieux du haut d’une falaise, résiste encore et toujours aux pires tentations. En sauvant le monde menacé, les habitants du village nous livrent une vibrante morale qui devrait inspirer notre société quant au sort qu’elle réserve aux aînés.

Le quatuor accompagne son épopée de chants polyphoniques parfaits, colorés d’accordéon, d’harmonica, de mandoline, de scie à archet, de guitare, sans oublier la cuillère, la turlute et la podorythmie traditionnelles. Quelques décrochages contrôlés, apartés bien dosés, commentaires sur la société, créent une belle complicité avec le public, qui en redemande. Avec une gestion délicate du croustillant, les  conteurs savent tenir l’expectative à sa juste mesure. Leur présence à couper au couteau nous fait entrer dans le conte avec eux, jusque dans les entrailles de la trame narrative. La performance et le rythme compensent leur inégalité par une riche diversité et un texte extrêmement bien construit.

Nadine Walsh et Michel Faubert

Pour les petites et grandes oreilles qui se lèvent tôt le dimanche matin, il ne fallait pas manquer Nadine Walsh. Nous l’avons croisée au café des conteurs peu avant son départ. Elle nous parle d’un spectacle qui a ravi tous les âges. Autre regret, de n’avoir pu assister au spectacle de clôture présenté par Michel Faubert. Chants, extraits multimédia avec écrans et accompagnement musical ont agrémenté la performance de ce vétéran du festival. Selon Audrey Coulombe St-Amand, qui y a assisté, « Michel Faubert a offert une expérience nouvelle en intégrant des aspects sensoriels habituellement absents de l’univers du conte ».

Maurice Vaney, président du Rendez-vous, Nadine Walsh, les Ceuzes-là et Michel Faubert, partagent leurs impressions au café des conteurs, puis François Lavallée présente son spectacle à la Forge:

Les Hommes à scie seront à Montréal, au Lion d’or le 21 octobre, le 25 octobre au Cabaret du Roy et le 30 octobre au musée des religions de Nicolet.

Oct 092009
 

Cette semaine, le producteur et réalisateur Nicholas Kinsey et son équipe ont tourné sur les bords de la rivière des Trois-Pistoles des scènes du long métrage Firewatch, un drame familial qui devrait sortir dans les salles en 2011.

Le texte a d'abord été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

Le texte a d'abord été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

L’action se passe dans l’Ouest canadien, où le personnage principal, Susan, recherche sa mère disparue, qui est « fire-spotter » dans une région isolée. La scène que s’apprétaient à tourner les trois acteurs principaux, Kristin Wallace, Rise Ryan et Balak Motamed, est l’embarquement de la fille sur un bateau devant la mener à une île dans le Nord.

Le réalisateur confie avoir choisi la marina de Rivière Trois-Pistoles pour son côté rudimentaire et déserté, tandis que l’île en question sera l’île Verte, presque inhabitée dans le scénario. Une autre scène est à tourner plus haut sur la rivière des Trois-Pistoles, qui par sa géomorphologie encaissée rappelle les cours d’eau tumultueux des Rocheuses.

L’équipe, basée à Cabano, réalisera plusieurs tournages partout dans la région pour cette production Québec-Nouveau-Brunswick.

Oct 062009
 

Parmi les sept films de l’Office national du film et ses partenaires coproducteurs qui figurent au programme de la 38e édition du Festival du nouveau cinéma (à Montréal du 7 au 18 octobre), se distingue le nouveau long métrage documentaire de Sylvie Van Brabant. Ce documentaire positionne Trois-Pistoles et la région des Basques au front de la lutte pour un développement planétaire responsable. Il avait d’ailleurs été présenté en avant-première à Trois-Pistoles en juillet dernier.

Le texte a d'abord été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

Le texte a d'abord été publié dans L'Horizon, presse coopérative des Basques

Il sera maintenant présenté en première mondiale dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma (FNC), le 14 octobre prochain à 19h au cinéma L’Impérial de Montréal.

Visionnaires planétaires (Rapide-blanc/ONF) est un long métrage documentaire présenté en première mondiale, qui relate la quête de Mikaël Rioux, un jeune militant préoccupé d’environnement et soucieux de l’héritage qu’il laissera à son fils. Il parcourt le monde à la recherche de solutions concrètes aux problèmes de notre planète et fait la rencontre d’hommes et de femmes d’exception à la tête de projets innovateurs, porteurs d’un avenir plus viable pour nos sociétés. Cette rencontre avec des « visionnaires planétaires » constitue un véritable guide de survie et nous insuffle un vent d’espoir.