Mai 022012
 

Wakefield, journal Ensemble«Quand toutes les localités du Québec vont avoir réussi à rétablir le courant civilisateur, le Québec va être un merveilleux coin de pays.» C’est sur ces mots du président d’honneur Claude Béland que s’est ouvert aujourd’hui à Wakefield, dans la vallée de la Gatineau, le Forum coopératif de l’Outaouais. Dans le cadre de l’Année internationale des coopératives, la Coopérative de développement régional (CDR) Outaouais-Laurentides a voulu faire de cet événement une vitrine pour trois initiatives qui ont vu le jour récemment.

Claude Béland a tracé l'histoire de la démocratie en décrivant l'alternance entre le courant primaire, qui s'est exprimé par les guerres et maintenant le néolibéralisme, et le courant civilisateur, qui s'incarne particulièrement dans le projet de société coopératif. Photos: Nicolas Falcimaigne

À partir de ces trois exemples de coopératives, qui contribuent à «rétablir le courant civilisateur», les participants ont discuté des enjeux de la diversification économique, de la vitalité des milieux et de la solidarité locale, ainsi que de l’identité et de l’appartenance.

Du bon lait fait par tout le monde

La célèbre Laiterie de l’Outaouais est une société à capital-actions dont sont actionnaires deux coopératives, annonce d’entrée de jeu le directeur général de la Coopérative de développement régional, Patrick Duguay. «La première est une coopérative de consommateurs dont les 700 membres consomment les produits, et s’engagent aussi à faire la promotion de cette laiterie et des produits régionaux, précise-t-il. La deuxième est une coopérative de travailleurs actionnaire qui regroupe les salariés de la laiterie, qui étaient cinq au début et qui sont maintenant 15 après 18 mois d’opération.» Lire la suite »

Mar 192012
 

Montréal, journal EnsembleJeudi dernier, le 15 mars, se tenait à Montréal le lancement d’une campagne de communications hors du commun. Ce n’est pas un produit ou un organisme qui annonçait son angle d’attaque pour conquérir le public montréalais, mais bien un réseau d’entreprises de tout horizon, œuvrant dans des secteurs très diversifiés, unies par des valeurs et une même structure juridique. Dans le cadre de l’Année internationale des coopératives, les coopératives de Montréal ont lancé la campagne «Je coop» pour sensibiliser le grand public à la coopération.

«On a vu les banques, ces dernières années, se planter royalement à travers toute la planète, et on a vu le Mouvement Desjardins se faire envoyer des lauriers, comme une des institutions financières les plus solides aux monde», s'est exlamé Jacques L'Heureux, ici en compagnie de Gérald Larose, respectivement présidents de la Caisse de la culture et de la Caisse d'économie solidaire Desjardins. Photo: N.Falcimaigne

L’événement a fait salle comble à la Salle Astral de la Maison du Festival, et a donné lieu à la présentation publique de plusieurs coopératives érigées en exemples.

Habitation

À l’ombre du silo numéro 5 du vieux port de Montréal, une étonnante coopérative d’habitation fleurit discrètement. «Nous gérons collectivement notre lieu par le biais de comités et d’un conseil d’administration qui est élu par ses membres, a expliqué Marie Marais, vice-présidente du conseil d’administration de la Coopérative d’habitation Le Cercle Carré. Nous sommes locataires, mais nous sommes propriétaires collectivement de nos lieux donc il faut qu’on s’en occupe. On composte, on récupère sur place et on a un projet de faire un jardin collectif avec une agriculture urbaine sur le toit.» Lire la suite »

Mar 132012
 
Lévis, journal EnsembleLe Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) a tenu ses assises annuelles hier au Centre de congrès et d’expositions de Lévis. Succédant à Denis Richard, président de la Coop Fédérée, Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, a été élue à la présidence du CQCM. Mme Leroux devient ainsi porte-parole du mouvement coopératif et mutualiste québécois, aux côtés de Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil.

Mme Leroux a insisté sur l'importance de l'éducation pour assurer la relève du mouvement coopératif et mutualiste. Photo: Nicolas Falcimaigne

Cette annonce survient à l’approche du Sommet international auquel le Mouvement Desjardins convie les coopératives du monde entier, à Québec et à Lévis en octobre prochain. «En cette Année internationale des coopératives, je veux contribuer à un rayonnement accru des coopératives et mutuelles québécoises, petites et grandes», a souligné la nouvelle présidente. Lire la suite »

Fév 062012
 

Rimouski, journal EnsembleFace à la crise énergétique, si les multinationales privées incarnent le statu quo, car elles détiennent des intérêts financiers dans l’exploitation des carburants fossiles, les coopératives s’investissent au contraire dans les alternatives en bioénergie.

Le guide Biocarburants ou bioénergies? Vers une solution coopérative, publié en 2011 par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM), en partenariat avec la CDR Bas-Saint-Laurent/Côte-Nord, Nature Québec, la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF) et la Coop Fédérée, fait état des plus récents projets en la matière. Photo: Nicolas Falcimaigne

Julien Boucher est coordonnateur Recherche et développement à la Coopérative de développement régional (CDR) Bas-Saint-Laurent/Côte-Nord, la seule dotée d’un tel service au Québec. Son mandat est de découvrir les nouvelles avenues de développement durable pour les coopératives et les communautés.

L’autonomie énergétique, selon le chercheur, implique en premier lieu une réduction de la consommation, puis une efficacité de l’énergie qui est consommée, et enfin une production avec le potentiel local, qui peut être un potentiel de biomasse, de gras animal, d’huiles végétales, de l’autoproduction etc. «On a une multitude de petites opportunités locales, qui peuvent permettre de combler une partie des besoins locaux, avec une production locale et une consommation locale, en circuit court.» Lire la suite »

Jan 192012
 

Lévis, journal EnsembleÀ l’occasion du lancement de l’Année des coopératives, tenu à Lévis le 12 janvier dernier, le journal Ensemble a eu l’occasion d’interroger Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins. Premier groupe financier coopératif au Canada, sixième dans le monde, avec un actif de plus de 188 milliards de dollars, Desjardins est l’un des plus importants employeurs au Canada avec 43 600 employés. Illustration du leadership mondial exercé par cette coopérative financière québécoise, le Sommet international qu’elle organise à Québec du 8 au 11 octobre 2012 réunira 2 000 participants de partout dans le monde, ainsi que 125 conférenciers de renom. Quelle est sa vision du contexte mondial actuel ?

«Généralement, les organisations coopératives, mutualistes ne sont pas bien connues. (...) Il faut créer un mouvement.» - Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins Photo: Nicolas Falcimaigne

Nicolas Falcimaigne, journal Ensemble : Mme Leroux, quelles sont les forces du mouvement coopératif face à la crise mondiale ?

Monique F. Leroux, Mouvement Desjardins : L’entreprise coopérative est une entreprise qui n’a pas qu’un objectif de performance financière. Il y a un objectif d’apporter une contribution des bénéfices aux personnes et à la société. La gouvernance démocratique, la participation des gens, même si c’est exigeant, fait en sorte que notre perspective n’est pas simplement de dire : « On doit avoir une contribution économique et financière ». On doit avoir aussi une contribution sociétale. Lire la suite »

Nov 152011
 

Saint-Alexis-des-Monts, revue Vie PédagogiqueRéussir autrement. Devant le défi de la persévérance scolaire, de la pénurie de main-d’œuvre, et de l’exode des jeunes des régions, voici la réponse proposée par les Maisons familiales rurales (MFR). Ces écoles coopératives hors du commun donnent tout son sens à l’expression selon laquelle «il faut tout un village pour éduquer un enfant». Il faut également l’investissement de toute une communauté, de toute une région, pour mettre sur pied ces institutions alternatives à l’école traditionnelle. Depuis une décennie, des pionniers travaillent d’arrache-pied pour donner vie à cette solution aux quatre coins du Québec. Nous avons visité la Maison familiale rurale de Maskinongé, à Saint-Alexis-des-Monts, en Mauricie, et celle du KRTB, à Saint-Clément, au Bas-Saint-Laurent. Rencontre avec le feu sacré.

Rencontre avec Nathan dans le corridor de l'école de la MFR de Maskinongé. Photo: N.Falcimaigne

Benoît revient de loin. «J’avais lâché à la polyvalente et travaillé un peu à la ferme. Mon boss m’a parlé de la MFR et ça m’a intéressé. Maintenant, j’ai fini mon secondaire 2 et je vais aller aux adultes l’an prochain. Je veux faire de l’entretien général d’immeubles.» Son employeur est devenu son maître de stage et il a pu retourner à l’école deux semaines sur quatre pour poursuivre sa scolarité. L’école a pris un tout autre sens; elle a désormais une utilité directe pour son travail. Benoît fait partie des onze élèves qui ont formé la première cohorte de Saint-Clément, en mars 2009. Lire la suite »

Juil 032011
 

Halifax, journal EnsembleCréer des liens coop. C’est le thème du Congrès qui a réuni le mouvement coopératif canadien à Halifax du 27 au 29 juin dernier. Francophones et anglophones de partout au Canada ont consacré leur semaine à discuter ensemble de la création d’une organisation qui regrouperait tout le mouvement coopératif du Canada, sans distinction linguistique. Cette question soulève évidemment l’enjeu de la protection des minorités francophones. Le mouvement coopératif réussira-t-il à surmonter l’obstacle redouté par toute la classe politique canadienne ? Une occasion de vérifier si la coopération se passe de frontières.

« On parle ici de la création d'une nouvelle entité bilingue, qui pourrait parler d'une voix forte au niveau des gouvernements et qui pourrait mieux desservir, sans duplicata, les coopératives à travers le Canada. » - Marthe Hamelin, présidente du CCCM. - Photo: N.Falcimaigne

Les mouvements coopératifs francophone et anglophone canadiens n’avaient pas tenu un congrès conjoint depuis celui de 2008 à Winnipeg. Cette fois-ci, ce sont les membres du Conseil canadien de la coopération et de la mutualité (CCCM), de l’Association des coopératives du Canada (ACC), du Conseil coopératif acadien de la Nouvelle-Écosse (CCANÉ) et du Nova Scotia Co-operative Council (NSCC) qui ont délibéré ensemble. Lire la suite »

Juin 302011
 

Lelystad, journal EnsembleFlevoland, Pays-Bas. Les moulins à vent ne servent pas qu’à moudre le grain. Symbole de la Hollande, ils sont littéralement à l’origine de ce pays d’Europe du Nord, tel qu’on le connaît aujourd’hui. En fournissant l’énergie nécessaire à pomper la mer hors des marais, ils ont permis l’émergence des polders et la transformation de ce littoral humide en territoire. C’est aussi un vent d’interdépendance et de coopération qui a rendu possible la création des premiers polders dès le Moyen-âge. Il s’y bâtit depuis le XXe siècle le cœur de l’Europe économique. Quelques pas sur l’improbable Nouveau Monde du Vieux Continent.

La digue qui relie Lelystad à Enkhuizen divise en deux la mer intérieure, Zuiderzee, et constitue un axe routier important entre l’Est et l’Ouest des Pays-Bas. - Photo: N.Falcimaigne

Le musée Nieuwland de Lelystad raconte cette histoire fascinante, où l’aménagement du territoire prend son sens le plus extrême. Henk Pruntel, chercheur au musée, explique que c’est avec l’apparition de la machine à vapeur, au XIXe siècle, que de grands projets commencent à devenir réalistes. On projette alors de refermer Zuiderzee, la mer intérieure, et d’en faire émerger plusieurs polders modernes. Une énorme tempête, en 1916, et la nécessité d’améliorer la sécurité alimentaire des Pays-Bas, victimes de blocus pendant la Grande Guerre, ont insufflé la volonté politique nécessaire pour passer aux actes. Les digues seront toutefois détruites par les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale, causant des inondations dévastatrices. Lire la suite »

Juin 092011
 

Bruxelles, journal EnsembleLa Cour d’appel de Bruxelles a confirmé, le 5 mai dernier, le jugement intervenu en première instance en 2007, qui condamnait les pratiques de reproduction illégales en matière de droit d’auteur, de parties significatives d’articles de presse sur Google Actualités Belgique. Cette victoire de la presse doit beaucoup à la Société coopérative à responsabilité limitée Les Journaux Francophones Belges (JFB).

Le Soir, grand quotidien bruxellois, est membre de la coopérative des Journaux francophones belges (JFB). - Photo: N.Falcimaigne

Le Soir, important quotidien bruxellois, est membre de la coopérative. Son directeur général, Didier Hamman, voit dans le jugement une importante victoire collective. « Nous avons fait école dans l’ensemble du monde », s’exclame-t-il, avant d’ajouter que la protection des sources est un autre front sur lequel s’exerce la vigilance de la coopérative.

« Notre action a contribué au vote de la loi sur le secret des sources de 2005 qui est une des plus protectrices des droits des journalistes, renchérit Catherine Anciaux, juriste chez JFB. Nous avons pu, à différentes reprises, arrêter des projets de loi ou d’autres mesures dont les effets auraient pu être dramatiques pour le secteur. L’action menée contre Google a permis la reconnaissance officielle, à deux reprises déjà, des droits des éditeurs de presse sur leurs contenus et l’obligation d’une autorisation préalable avant l’utilisation de ceux-ci par des tiers. » Lire la suite »

Avr 012011
 

Veuillez noter que cet article, publié à l’occasion du premier avril 2011, est une fiction, tout comme plusieurs autres articles publiés dans les journaux ainsi que le veut la tradition. Les faits relatés n’ont pas eu lieu. Nous remercions les personnalités publiques réelles auxquelles le texte fait référence pour leur aimable compréhension.

Le candidat conservateur de Brossard – La Prairie, Maurice Brossard, a annoncé ce matin l’engagement de son parti pour la construction d’un nouveau pont Champlain réalisé en partenariat public-privé (PPP) coopératif. Le parti de Stephen Harper a créé la surprise en prenant une décision aussi rapide après la publication du rapport du consortium de firmes de génie-conseil, dont les recommandations étaient clairement en faveur d’un PPP.

Le pont Champlain est le plus achalandé au Canada, avec 59,4 millions de véhicules par année, dont 8 % sont des camions, qui y transportent des marchandises totalisant 20 milliards $. – Photo : Tobie Charette*

Ce consortium, qui réunit BPR, Cima+, Dessau et Egis, a rejeté le mode de réalisation traditionnel (public) et le mode design-construction, considérant qu’un PPP confie la responsabilité de l’entretien à long terme aux partenaires de la construction, lesquels auraient donc intérêt à soigner la conception.

M. Brossard a soutenu qu’en choisissant la solution coopérative, son équipe souhaitait aussi « susciter l’engagement de la communauté d’utilisateurs dans le projet à long terme ». Il a expliqué que le partenariat regrouperait à parts égales les deux paliers de gouvernement, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), deux firmes privées et une coopérative d’utilisateurs. Lire la suite »